Travailler le lien parent-enfant : le jeu pour se rencontrer, se raconter et se lier

Jeu parent-enfant brin de jasette

Le jeu est un outil d’une grande richesse dans le travail avec les familles ; que nous l’utilisions comme média de communication, comme moyen d’expression, comme moment d’échanges et de partages ou encore comme objet métaphorique.

Le jeu trouve sa richesse non pas dans l’objet en tant que tel, mais bien dans la façon dont les « participants » vont se l’approprier, dans ce qu’il va leur permettre d’exprimer, d’expérimenter et de partager.

Brin de Jasette

Je souhaite vous présenter un jeu que j’ai souvent utilisé dans mon travail avec les familles : Brin de Jasette.

Ce jeu se compose de cartes réparties en 4 catégories. Il s’agit de lancer un dé sur lequel sont représentées les couleurs correspondant aux différentes catégories. Le joueur prend une carte sur laquelle figure quatre questions parmi lesquelles il doit en choisir une à poser aux autres participants et à laquelle il répond également. Il s’agit de questions telles que : «Finis la phrase : J’aimerais avoir…», « Quel est le plus beau cadeau que tu aies reçu ? », « Parle nous tes grands-parents. Quelle influence ont-ils dans ta vie ? », « Quelle est la meilleure chose dans le fait d’être un adulte ? Et la pire ? », « Comment exprimes-tu ta joie ? », « Quel animal te représente le mieux ? », « Quel talent aimerais-tu posséder ? », « As-tu déjà éprouver beaucoup de peine pour quelqu’un d’autre que toi ? ».

Tout simplement…

Et pourtant…

Se rencontrer

Brin de Jasette permet aussi de nous rencontrer.

Chacun à notre tour, nous répondons à la même question, nous comparons nos réponses, nous apprenons l’un de l’autre.

Au sein de la famille, il n’est pas rare que l’un ou l’autre s’étonne : « Ah bon mais je ne savais pas que tu aimais ça ?!? », « Tu ne m’avais jamais dit, que tu avais fait de la danse ? » Et cela aussi bien de la part des enfants, que des parents ou au sein du couple.

La famille découvre aussi les intervenants: « Vous aussi vous aviez peur des fantômes quand vous étiez petit ? », « Vous avez déjà raté une année à l’école ?! ».

Et nous, les intervenants apprenons d’eux aussi : « Je ne pensais pas qu’il allait se prendre au jeu à 17 ans et encore moins qu’il en redemanderait ! » « Je n’aurais jamais imaginé qu’ils avaient pu partager de tels moments », … Cela nous donne alors accès à des forces, de nouveaux leviers.

Cette rencontre est « humanisante » en quelque sorte. Elle nous permet de nous rencontrer par le biais de questions, somme toute banales au premier abord, qui nous donne accès à « qui nous pouvons être » au-delà de nos rôles assignés par le contexte de la rencontre ; famille, parent, enfant, intervenant, …

Se raconter

Ensuite, il permet de se raconter.

Et très souvent, cela se fait au travers de l’histoire, celle des générations. « Quand j’étais enfant, j’étais timide », « Le moment le plus triste a été le décès de mon parrain », « Tu étais un bébé super calme », « Mami était sévère ?! »…

De là découlent des récits, des tranches de l’histoire familiale, où chacun peut associer ses souvenirs, parfois ses interprétations, ses moments de joie et de tristesse, ses rancœurs et ses reconnaissances…

Il n’est pas rare d’enchainer avec un génogramme, moyen symbolique pour se représenter l’histoire, les générations, leurs liens.

Se lier

Ce jeu permet aussi de lier.

Lier par le biais des histoires, des relations, mais surtout par la mise en évidence de ce qui fait « appartenance » entre les membres de la famille.

Au travers des récits chacun se trouvent des points communs : des traits de caractères, des souvenirs, des moments marquants, …

Ils s’entendent raconter par l’autre et tissent ensemble leurs histoires… Leur Histoire.

Les jeux ont la richesse que l’on se permet de leur donner…
Livrez-les aux familles, elles vous le démontreront…

Elodie Rode